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Selfie(s), analyses d'une pratique plurielle (dir.), Paris, Hermann, 2018

Que savons-nous vraiment du selfie ? Trouble psychique pour certains, délire narcissique pour d’autres, mais aussi moyen de créer du lien social, de reprendre possession de son image ou encore de conjurer un présent disruptif… Si le phénomène déchaîne les passions, ces petits et dérisoires « nous-mêmes » révèlent bien plutôt un ethos 2.0 qu’il convient d’interroger. Un selfie est-il un autoportrait ? Que cherche ce regard qui se regarde sur son smartphone ? Pourquoi un tel besoin de se voir ? Que révèle ce soi écranisé et connecté ? Et comment cette pratique phonéographique offre-t-elle la possibilité de renouveler l’autobiographie ? Autant de questions que se sont posées historiens et théoriciens de l’art, philosophes, galeristes, psychanalystes, une sémiologue et une écrivaine qui confrontent ici la diversité de leurs regards.

Monstres 2.0. L'autre visage des réseaux sociaux, Paris, François Bourin, 2018

 

À leurs débuts, les réseaux sociaux nous offraient de concrétiser un vieux rêve : au sein de ces espaces numériques, le partage et l'échange devaient fournir les armes d'un nouvel eldorado démocratique. Mais force est de constater que sur Twitter, Facebook ou Instagram, des contenus violents circulent désormais sans fin ; les internautes s'insultent ; les fake news fleurissent, comme autant de monstres 2.0 qui nous interrogent sur les dérives de notre époque. Pour rester dans la course, il faut à tout prix « twitter », « liker », « partager ». Voilà révélé l'autre visage des réseaux sociaux : un espace du tag et du tacle, du cash et du clash, du clic et du hoc, qui semble ne connaître aucun obstacle, aucune loi.
Si le monstre, traditionnellement, permet en négatif de penser les normes d une époque, qui sont ces nouveaux monstres qui émergent sur la toile ? Pourquoi nous attirent-ils et à quelles limites nous confrontent-ils ? Une autre utilisation des réseaux, plus humaniste et responsable, est-elle possible ?
C est à ces questions brûlantes que répondent dans cet essai percutant deux spécialistes des médias. Si le constat qu'ils dressent est sans appel, ils nous permettent pourtant d'envisager un autre avenir 2.0.

Sur la laideur (dir.), Paris, Complicités, 2018

 

La laideur. Tout le monde semble se sentir capable de la repérer, la catégoriser, la définir. Quoi de plus évident en effet que ce laid qui, de l'avis général s'oppose au beau. Pourtant, et s'il semble que presque tout puisse être divisé en ce qui est laid et ce qui ne l'est pas, la même question revient sans cesse : qu'est-ce qui fait la laideur ? La frontière entre ce qui nous répugne et ce qui nous plaît paraît en effet parfois bien mince. C'est ainsi également que ce que nous considérions un temps "beau" peut se découvrir un jour "laid" et que nous pouvons nous surprendre à nous montrer fascinés par la laideur. C'est ainsi, encore, que le laid peut parfois se cacher dans ce qui nous paraissait au premier abord beau, et que la beauté peut n'être qu'une laideur maquillée. C'est ainsi enfin que de belles images peuvent trahir une société laidement artificielle. Dans ce livre, des philosophes, un théoricien de l'art et un spécialiste du design reviennent donc sur cette laideur qui, si elle semble provoquer l'unanimité, n'en finit pas de nous interroger sur ce que Kant appelait notre faculté de juger, et sur le "goût" en général.

Les frontières des langues, François Soulages (dir.), Paris, L'Harmatttan, coll. Eidos, série RETINA, 2017


"On ne devrait jamais traduire une chanson pop", p. 67

Selfie, un nouveau regard photographique, Préface de Serge Tisseron, Paris, L’Harmattan, coll. Eidos, série photographie, 2016

 

Il est devenu commun de considérer le selfie comme un autoportrait photographique. . Et pourtant, le passage du self-portrait au selfie révèle un nouveau regard photographique. L'image de soi devient alors dialogique et permet au Petit Poucet 2.0 que nous sommes de garder la trace de lui-même dans un présent menacé. Face à un futur apocalyptique, le selfiste se vérifie. Cet essai se propose d'analyser l'obsession de rester avec soi à travers les trois grands moments photographiques que furent l'apparition de Kodak, du Polaroïd et du smartphone.

Lichtenstein, de la tête moderne aux profils Facebook, préface de Paul Ardenne, l’Harmattan, coll. Eidos, série RETINA, 2015

Et si l'œuvre de l'artiste pop Roy Lichtenstein ne se limitait pas aux sixties ? Et si ses peintures que tout le monde pense connaître nous donnaient à voir, non plus uniquement la postmodernité américaine, mais également ce qui fonde notre hypermodernité écranique, connectée et réseautique ? Ce qu'il qualifiait lui-même de "tête-moderne", cette représentation mass-médiatique de l'homme des années cinquante et soixante, annonce alors les profils de Facebook.

 

 

Corps Abstrait ou la représentation du corps dans le Pop Art américain, Éditions Universitaires Européennes, 2012

1945 est une date importante dans l'histoire du corps de l'homme. Avec la découverte des camps de concentration et de l'arme nucléaire, l'humanité entre en effet dans une nouvelle ère : celle de la destruction industrielle et scientifique de l'homme par l'homme. Mais cette date se caractérise aussi par cette autre industrialisation que connut la représentation de l'humain avec les mass media. Autrefois sujet glorieux de l'art, il deviendra alors dans cette seconde moitié du XXème siècle une simple image mécanique, reproduite à des milliers d'exemplaires. Le sujet deviendra un objet graphique, dont la construction plastique autant qu'identitaire se basera sur l'archétype. Une réduction du corps en un signe visuel, une abstraction, qu'illustreront les Marilyn de Warhol, les pin-up de Mel Ramos, la dramaturgie mécanique de Lichtenstein, l'hédonisme domestique de Wesselmann et le design fétichiste d'Allen Jones.

Mobilisations 02, Québec, Mouvement Art Mobile édition, 2017

""Je-suis-à-vous-là". Quand le mobile remplace l'appareil photo", p. 22

NECTART n°4,

janvier 2017, éd. de l’attribut

 

« Le numérique a-t-il déjà modifié notre être ? », p. 130

 

« Guernica, un jeu de frontières », Arts & frontières, Espagne & France, XXe siècle, Antonia Maria Mora Luna, Pedro Ordóñez Eslava & François Soulages (dir.), Paris, L’Harmattan, coll. Eidos, série RETINA, 2016

"Guernica: un jeu de frontières", p. 93